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JUIFS ET NOIRS MINORITAIRES EN OCCIDENT  Imprimer   Envoyer par mail
 


14 janvier 2005 / 19h18
- L'alliance judéo- noire aux Etats-Unis

A l?origine, le rapprochement entre les Juifs et les Noirs aux Etats-Unis n'était pas dû aux seules considérations intellectuelles. Les uns et les autres affrontaient des agressions provenant des mêmes adversaires.
Dans la nuit du 15 août 1868, un groupe d'hommes masqués du Ku Klux Klan brisa la devanture du magasin de S. A. Bierfeld, Juif russe installé à Franklin (Tennessee). Les tueurs assassinèrent Bierfeld et son employé noir, Lawrence Bowman Bierfeld était connu pour être un républicain radical, favorable â la politique de reconstruction. Il faisait travailler le Noirs libérés. Cela lui valut d'être le premier Juif lynché au États-Unis . A l'époque, les Juifs étaient peu nombreux. Ils eurent un rôle modeste dans la politique de reconstruction ainsi qu dans le mouvement abolitionniste qui précéda la guerre ô Sécession. On observe cependant qu'environ six mille juif combattirent dans l'armée de l'Union. Selon L. O. Davis « Ils donnèrent leurs vies, la vie de leurs enfants, leur argents leurs biens, afin d'aider â détruire l'esclavage . » On observe en même temps que mille deux cents ou mille cinq cent Juifs combattirent dans l'armée de la Confédération. Judah P. Benjamin, Juif séfarade né dans les îles Vierges, planteur et homme d'affaires prospère, fut nommé secrétaire â la Guerre dans le gouvernement de la Confédération.
Paradoxalement, la plupart des Juifs du Sud n'avaient pas d'esclaves. Leur engagement, moins idéologique que celui des Juifs du Nord, était lié au sentiment traditionnel de loyauté des communautés juives vis-à-vis des citoyens parmi lesquels elles sont installées.

Les Juifs se manifestèrent en force dans les mouvements en faveur des Noirs à partir des années 1890-1900. Le philanthrope juif Julius Rosenwald donna des millions de dollars aux organisations noires et à l'institut Tuskegee de Booker T. Washington; certains notèrent que Rosenwald fut beaucoup moins généreux avec les institutions juives ...
Des Juifs occupèrent des postes importants dans les principales associations noires à leur création. Joël Spingarn, un des fondateurs de la NAACP, en fut le président de 1930 à 1939. Son frère, Arthur Spingam, lui succéda. Le comité directeur de la National Urban League, fondée en 1911, comprenait un tiers de Juifs. Il semblait aller de soi que les Juifs et les Noirs se défendissent ensemble; ils se trouvaient en somme dans le même bateau. Lors de la période de crise économique, l'antisémitisme était au plus haut. Les racistes organisés lynchaient les Noirs et brûlaient les magasins juifs. Dans les quartiers pauvres, les nouveaux immigrants juifs étaient la cible des voyous . L'attitude des Juifs vis-à-vis des Noirs différait de celle des autres Blancs. L. O. Davis se souvient que les commerçants juifs étaient les seuls à permettre aux Noirs d'essayer leurs habits ou leurs chaussures avant de les acheter. En plus, ils acceptaient de faire crédit. Leur amabilité, sans doute un peu paternaliste, était tout de même appréciée. L'écrivain Richard Wright retrace des souvenirs d'enfance semblables à propos de son premier emploi à son arrivée dans le Nord chez les boutiquiers juifs: « Leur attitude s'était montrée absolument stupéfiante. Ils prélevaient du temps sur leurs travaux à la boutique pour me parler, je n'avais jamais rencontré pareil comportement chez les Blancs auparavant . » De leur côté, les Noirs soutinrent les causes juives. Le poids des problèmes internes ne les empêcha pas d'observer ce qui se passait ailleurs, et ils furent parmi les premiers à s'inquiéter de la montée du fascisme en Europe. Ses lorsque l'Italie envahit l'Éthiopie, ils organisèrent de nombreux comités de soutien. Ils se mobilisèrent contre Hi~ qui, en 1936, aux jeux Olympiques de Berlin, refusa de serrer la main aux deux grands athlètes noirs Jesse Owens . Ralph Metcalfe. Les leaders noirs A. Philip Randolph . Walter White déployèrent toute leur énergie pour que .. Noirs pussent entrer sans discrimination dans l'armée am6 ricaine afin de combattre le nazisme. Le même WalWhite, directeur exécutif de la NAACP, fut fortement sollicité après la guerre par les responsables sionistes, pour qu'i intervînt auprès des États noirs, en particulier Haïti et le Liberia, qui avaient annoncé leur intention de voter contre la création de l'État juif. Malgré ses réticences, provoquée! autant par ses doutes que par les pressions insistantes des Juifs, White se prononça pour le partage, « parce que la Palestine semblait être le seul havre dans le monde pour près d'un million de Juifs européens ». Finalement, la Liberia, Haïti et les Philippines, que White avait aussi influencées, votèrent la résolution. Après la création dc l'État d'Israël, la NAACP adopta la déclaration suivante, le 26 juin 1948: « La lutte courageuse du peuple d'Israël pour l'indépendance sert d'inspiration à tous les peuples persécutés à travers le monde. Nous saluons l'établissement du nouvel État d'Israël et l'accueillons dans la famille de! Nations ».

Les années 40 et 50 furent celles de la guerre froide. La chasse aux sorcières frappa les libéraux, les communistes, le! Juifs et les Noirs. L'exécution de Julius et d'Ethel Rosenberg, accusés d'espionnage, fut ressentie comme une tragédie internationale. L'ambiance de l'époque est reconstitué( par Richard Wright dans son premier roman, Un enfant du pays (Native son), où un policier cherche à connaître le! habitudes et les fréquentations du jeune Noir Bigger, coupable du meurtre d'une Blanche et d'une Noire: « ...quand il parle, est-ce qu'il fait de grands gestes avec ses mains comme s'il avait beaucoup fréquenté les Juifs?.. Écoutez moi bien, Peggy, tâchez de vous rappeler si sa voix « monte » quand il parle, comme les Juifs quand ils discutent. Voyez ce que je veux dire? Vous comprenez, Peggy, j'essaye de voir s'il a fréquenté des communistes... (Richard Wright. Un enfant du pays. Paris. Gallimard. Collection Folio.) »
Plus loin, Bigger s'adresse à son avocat, un Juif communiste : « ...si tous les gens étaient comme vous, peut-être que je ne serais pas là. Mais vous ne pouvez plus rien y changer, maintenant, ils vont vous haïr pour avoir voulu m'aider. Je suis foutu. lis me tiennent. »
«Oh pour me haïr, ils ne s'en priveront pas », dit Max. « Mais je suis de taille à leur tenir tête. Toute la différence est là. Je suis juif et ils me détestent, mais je sais pourquoi et je sais me défendre... (Ibid., p. 445) »
Le parti communiste américain fut certainement un lieu de rencontre entre Juifs et Noirs. Les militants ignoraient les barrières raciales. Mais, comme le montre Wright dans Une faim d'égalité, les relations humaines étaient faussées par les accusations mensongères, la haine et les luttes intestines.
L'obéissance aveugle dénaturait les aspirations les plus élevées de solidarité avec les révoltés (Richard Wright, Unefaim d'égalité, Paris, Gallimard. 1979. p. 144).
Parmi les Noirs qui passèrent au parti communiste, le chanteur Paul Robeson fut le plus illustre. Les Juifs du monde entier le vénérèrent, et ceux qui l'ont connu parlent encore de lui aujourd'hui. Robeson chanta en 1933 en ,Grande-Bretagne en faveur des enfants juifs réfugiés. Son soutien au peuple juif fut indéfectible. En 1948, il se déclara prêt à chanter pour les soldats juifs, comme il l'avait fait pour les républicains pendant la guerre d'Espagne. Les autorités américaines lui retirèrent son passeport pendant la Guerre froide (Weisbord and Kazarian, op. cit.. p. 23). Notons aussi que le fondateur du parti communiste américain, sur qui Lénine fondait de grands espoirs, était juif et noir. Daniel de Léon avait une mère métisse de Curaçao et un père juif, (Libération du 14 janvier 1985) médecin de la hollandaise, venu très jeune aux États-Unis. Il y eut d'autres lieux que la politique pour les marginaux qui avaient du souffle et besoin de liberté. La musique de jazz rassembla aussi les races. Essentiellement noir ; à l?origine, le jazz attira des musiciens blancs, presque des immigrants, beaucoup d'Italiens, quelques Irlandais une majorité de Juifs. Parmi ces derniers, Stan Gtez, Bix Beiderbecke, Fred Katz, Benny Goodman, Ted Lewis, Mez Mezrow, Georges et Ira Gershwin. Mais, si la société acceptait les sonorités nouvelles, elle ne tolérait toujours pas la mixité. Noirs et Blancs jouaient de façon séparée. Benny Goodman fut le premier jazzman blanc à imposer des musiciens noirs dans les salles de concerts de New York étaient interdits.

Le premier film parlant du cinéma Chanteur de jazz, raconte l'histoire d'un hazan (chanteur de synagogue), passionné de jazz, joué par Al Jolson (de vrai nom Asa Yoelson), qui se passe du noir sur son visage chaque nuit, pour aller jouer incognito dans un orchestre noir. L'histoire du trompettiste Red Rodney est plus drôle encore, et véridique en plus. De son vrai nom Robert Chnick, né dans un quartier juif- irlandais-italien de Philadelphie, où les jazzmen se distinguaient (Jerry Mulligan, Buddy de Franco, Bill Harris, Charlie Ventura), Rodney avait commencé sa carrière en jouant dans une fanfare d'enfants d'anciens combattants juifs. Son attirance pour le jazz moderne le conduisit à faire la connaissance de Charlie Parker, considéré comme le plus grand joueur de jazz de son temps. Finalement, Rodney réalisa son ambition en entrant dans l'orchestre du Bird . Le jour où l'orchestre obtint un contrat pour jouer dans les États du Sud, l'organisateur de la tournée fit remarquer que l'on ne pouvait pas emmener Red Rodney là où les orchestres mixtes étaient interdits. Charlie Parker ne se démonta pas. Il mit Red Rodney en vedette comme chanteur de blues, profitant de ce qu'il avait la peau très blanche, comme tous les roux, pour le faire passer pour un albinos. Red Rodney joua sous le nom d'Albino Red à Jacksonville, Atlanta, Montgomery, Birmingham... Le public ne sourcilla pas. Les Noirs restèrent discrets. Quant aux Blancs, ils n'auraient pas pu imaginer que qui que ce fût eût intérêt à se prétendre Noir dans le Sud alors qu'il ne l'était pas.
Les musiciens juifs américains se sont inspirés de la tradition du jazz . lis ont produit une musique swinguée, pleine d'entrain, où l'humour américano- yiddish a pris la place des nostalgies du blues. Pendant la guerre, les Allemands interdirent le jazz qu'ils considéraient comme une musique «judéo-nègre ». A présent, le jazz connaît un regain de succès mais n'est pas toujours très bien vu. Il y a peu, un journaliste accusait Mez Mezrow, de son vrai nom Mesirow, d'avoir donné à la jeunesse le goût de la drogue avec son livre publié en 1946, Really the Blues (la Rage de vivre) . Le jazz est resté une musique de la nuit et garde un goût de subversion. Pourtant, chacun s'y retrouve, même si les racines les plus profondes de cette musique sont africaines. Les musiciens noirs n'ont jamais oublié l'Afrique (Night in Tunisia, de Dizzy Gillespie, Africa, de Charlie Mingus). Aujourd'hui, revenant aux sources, les jazzmen noirs incorporent des instruments africains dans leurs nouvelles recherches, pour leur plaisir et le nôtre.

Maurice Dorès, La Beauté de Cham, Mondes Juifs, Mondes Noirs, Balland, Paris, 1992.



Haut de page Article rédigé par E.Y - Source : amitiejudeonoire.com
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